Côte est et Taroko
Une bande étroite entre océan Pacifique et front des montagnes, taillée par les gorges du Taroko et les vallées où vivent les peuples autochtones. Paysages abrupts, rythme lent.
La côte est de Taïwan est la partie la moins peuplée et, pour beaucoup, la plus marquante du voyage. La chaîne centrale y tombe presque directement dans le Pacifique, laissant seulement quelques plaines habitées le long de deux vallées parallèles : la vallée du rift (Huatung) entre Hualien et Taitung, et la route littorale qui longe l'océan. Deux mondes se côtoient : villages agricoles, communautés autochtones amis et bunun, et falaises battues par les vents marins.
Le parc national de Taroko
Taroko est l'incontournable de la région. Une rivière a creusé dans le marbre une gorge étroite que la route Centrale traverse en une succession de tunnels et de ponts suspendus. Les sentiers courts — Shakadang, Baiyang, l'ancienne piste de Zhuilu — donnent une idée précise des lieux sans exiger de longues marches. Les randonnées les plus engagées demandent en revanche des permis à demander à l'avance. Nous restons attentifs aux fermetures liées aux glissements de terrain, fréquents après les typhons et les fortes pluies, et adaptons les itinéraires en conséquence.
La vallée du rift et la côte pacifique
Entre Hualien et Taitung, deux axes descendent en parallèle. La vallée intérieure traverse des rizières, des plantations de thé et de fruits, avec des étapes comme Yuli, Chishang et ses champs devenus emblématiques, ou les sources sulfureuses de Ruisui. La côte, elle, aligne des plages de galets, des villages amis, quelques points de surf autour de Dulan, et des vues dégagées sur l'océan. La rivière Xiuguluan permet de descendre en rafting une partie de la saison chaude.
Taitung, ville tranquille et sans prétention, sert de base au sud de la région. On y trouve un artisanat autochtone actif, des cafés tenus par des jeunes revenus au pays, et l'embarcadère pour les îles Vertes et des Orchidées.
Rencontres et culture autochtone
La côte est concentre une partie importante des populations autochtones de l'île. Les Amis, les Bunun, les Truku ou les Kavalan y maintiennent langues, chants et fêtes saisonnières. Certaines communautés ouvrent leurs villages à des visites encadrées, autour de la cuisine, de la vannerie ou des chants polyphoniques. Ces rencontres se préparent : nous privilégions les hôtes qui travaillent depuis longtemps avec des voyageurs et qui reversent une part directe à la communauté.
Comment circuler, quand venir
Le train longe toute la côte, avec des trains rapides depuis Taipei jusqu'à Hualien puis Taitung. Sur place, une voiture ou un deux-roues restent le meilleur moyen d'explorer, les transports publics étant peu fréquents entre les villages. Nous organisons souvent des sections avec chauffeur, ce qui permet d'ouvrir les vitres, de s'arrêter aux marchés et de garder le regard sur le paysage.
L'automne, entre octobre et début décembre, est la période la plus stable, avec des rizières dorées dans la vallée. Le printemps est agréable aussi. L'été apporte de belles couleurs mais expose aux typhons, qui peuvent couper la côte pendant plusieurs jours. L'hiver reste doux, avec des matins parfois brumeux mais des après-midi lumineux, idéaux pour la randonnée à moyenne altitude.